Le ministère de l’Agriculture a annoncé le 13 octobre la mise en ligne du millésime 2025 du Registre parcellaire graphique, le RPG. Pour qui travaille avec des cartes, c’est l’une des couches les plus riches du territoire français : chaque parcelle agricole déclarée, dessinée et renseignée, sur tout le pays. Voici ce que contient cette nouvelle édition et pourquoi elle intéresse bien au-delà du monde agricole.
Plan de l'article
Le RPG, c’est quoi exactement ? #
Le RPG est une base de données géographiques qui sert de référence pour instruire les aides de la Politique agricole commune (PAC). Il est mis à jour chaque année à partir des déclarations faites par les exploitants agricoles. Autrement dit, ce ne sont pas des parcelles devinées par satellite : ce sont les contours et les cultures déclarés par ceux qui exploitent les terres.
Une version anonymisée est ouverte au public. Elle est produite par trois acteurs : l’Agence de services et de paiement (ASP), l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) et le ministère. Selon l’annonce officielle du ministère de l’Agriculture, il s’agit de la seule base géoréférencée homogène sur le territoire français produite à une échelle aussi fine.
Le registre fait aussi partie des neuf bases du Service public de la donnée, ces jeux de référence jugés essentiels au fonctionnement des entreprises et des administrations.
Que contient le millésime 2025 ? #
L’édition 2025 se compose de huit jeux de données. Le premier, le plus utilisé, est la couche des parcelles agricoles elles-mêmes. Viennent ensuite des déclinaisons thématiques : les parcelles regroupées par grandes catégories (terres arables, cultures permanentes, prairies permanentes et surfaces boisées), les parcelles en prairies permanentes, celles valorisées comme infrastructures agro-environnementales (les fameuses IAE : haies, bosquets, mares…) et celles déclarées en agriculture biologique ou en conversion.
Trois autres couches complètent l’ensemble. Les îlots regroupent les parcelles contiguës exploitées par un même agriculteur et délimitées par des éléments permanents du paysage, comme un chemin, une route ou un ruisseau. Les surfaces non agricoles et les zones de densité homogène ferment la liste.
Quatre référentiels pour lire les codes
Une couche de parcelles ne sert pas à grand-chose si l’on ne sait pas décoder la culture associée. Le ministère livre donc quatre référentiels avec les données : le référentiel millésimé des cultures et de leurs précisions, un référentiel historisé (avec dates de début et de fin d’utilisation de chaque code culture), un référentiel des cultures dérobées, utile pour les millésimes antérieurs à 2025, et un référentiel des groupes de cultures, pensé pour simplifier la visualisation dans les outils cartographiques.
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Ce qui change par rapport à 2024 #
Le millésime 2024 avait apporté beaucoup de nouvelles données, conséquence du règlement européen (UE) 2023/138 sur les données de forte valeur. Le millésime 2025 mise plutôt sur la qualité. Le ministère met en avant quatre améliorations.
La plus visible est l’arrivée d’un attribut « précision » qui affine certaines cultures. L’exemple donné est celui de la betterave, code culture BTN, désormais déclinée en quatre précisions : betterave à sucre, betterave fourragère, betterave potagère et autre betterave. Pour une carte des cultures sucrières, la différence est de taille.
Les référentiels de cultures ont aussi été enrichis, avec la version historisée et la version millésimée déjà évoquées. Des anomalies de géographie ont été corrigées pour faciliter la réutilisation dans les logiciels de cartographie. Enfin, les attributs introduits en 2024 peuvent désormais être récupérés au choix dans la couche graphique des parcelles ou dans des flux dédiés.
À quoi peut servir cette carte ? #
Le ministère cite plusieurs usages : l’étude du changement climatique, les projets d’aménagement, la préservation de la biodiversité ou la gestion de la qualité de l’eau. Comme les données sont publiées chaque année, on peut surtout suivre l’évolution des cultures dans le temps sur une même zone.
Concrètement, un bureau d’études peut repérer les prairies permanentes autour d’un projet d’aménagement. Un syndicat des eaux peut regarder ce qui pousse sur l’aire d’alimentation d’un captage. Un journaliste ou un curieux peut comparer la part des surfaces en bio d’une commune à l’autre, ou voir comment les cultures d’un plateau ont tourné d’une année sur l’autre.
Une couche lourde, à manier avec méthode
Une base nationale à la parcelle représente un volume conséquent. Pour une première prise en main, mieux vaut travailler sur un département ou une zone restreinte dans un logiciel SIG comme QGIS, puis joindre le référentiel des groupes de cultures pour obtenir une légende lisible. Les cartes thématiques gagnent aussi à afficher les îlots plutôt que les parcelles quand on vise une lecture à l’échelle d’une commune.
Il faut aussi garder en tête la nature des données : ce sont des déclarations PAC, anonymisées. Les terres qui ne font pas l’objet d’une déclaration n’y figurent pas, et le registre ne dit rien du nom des exploitants.
Où télécharger les données ? #
Le RPG 2025 est accessible depuis l’espace géoservices de l’IGN et depuis cartes.gouv.fr, le service public des cartes et données du territoire. Un descriptif de contenu détaille la structure des couches et des attributs : c’est la lecture à faire avant d’ouvrir le premier fichier.
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Pour les amateurs de cartes interactives, ce nouveau millésime est une bonne occasion de reprendre une analyse faite sur 2024 et de vérifier si les corrections de géométrie et l’attribut de précision changent le résultat.




